Aller plus loin
par childar, le 13 Mars 2008 à 23:40 (modifié le 10/04/2008 à 23:05)
Le soir venu, après notre seconde rencontre, j’avais un rendez-vous avec un ami du passé. J’étais très enthousiaste, car je m’étais fais la promesse de ne plus vivre terrée dans mon antre. J’avais quitté la tour de verre un peu plus tôt pour me préparer. Quelle joie que cet ami m’ait proposé de venir le retrouver ! Ma tête était remplie de souvenirs de ce temps passé, des gens que j’avais connus, des joies et des peines. Quand j’ai eu fini de me préparer, je me suis mise en route. Je devais passer par le transporteur souterrain. Le chemin est court entre mon antre et celui-ci. J’étais en avance, alors je prenais mon temps. Ma quiétude fut alors interrompue.
C’était le loup argenté. Mon étonnement était sans pareil. Comment pouvais-je m’attendre à ça ? Je ne lui avais pas donné le moyen de me joindre par la voie des ondes. Mon cœur battait à la chamade. J’avais l’impression d’être redevenue une petite fille. Il m’expliqua qu’il était passé par le renard bleu pour obtenir cette information. Mon pauvre renard bleu… comme tu as dû être embarrassé face à une telle demande de sa part. Je me demande ce qui a bien pu te passer par la tête à ce moment là. Je te poserai la question un jour, sans doute.
La nuit était tombée, le temps se gâtait. Il s’est mis à pleuvoir, il faisait froid, sombre, mais tout cela me semblait dérisoire comparé ma joie face à une telle initiative de sa part. Le temps s’était arrêté. Nous avons eu une conversation très étrange. Bien entendu, celle-ci était parsemée de banalités, mais aussi, de choses plus personnelles. Il y avait une certaine familiarité qui faisait tomber toutes les barrières habituelles. Je lui ai ouvert les portes de mon âme. J’avais envie qu’il sache tout de moi, tout de suite. Etrange… vraiment étrange… Moi qui suis si secrète avec les gens que je ne connais pas, voir parfois menteuse. Je m’invente une vie pour m’adapter à mes interlocuteurs. Mais là… non.Nous avons fini par mettre en avant cette attirance mutuellement ressentie lors de ces deux confrontations. J’y mettais tout de même une certaine réserve, car son ombre m’empêchait de croire à quoi que ce soit. Ça paraissait tellement stupide…
Il me fallut tout de même mettre fin à cette conversation, car après tout, j’avais un rendez-vous, et je ne voulais pas faire attendre mon ami. Les au-revoir furent difficiles. Ni l’un, ni l’autre ne voulait que cela prenne fin. Mais, dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut, alors… J’ai repris le cours de ma vie, je suis allée rejoindre mon ami.
J’ai couru car j’étais en retard. Mon ami m’attendait sous la pluie.
Une fois arrivée sur notre lieu de rendez-vous, je ne l’ai pas vu. L’espace d’un instant, je me suis demandée s’il n’avait pas abandonné. Heureusement, j’ai pu le contacter. Il s’était mis à l’abri de ce froid. J’ai retrouvé mon ami inchangé, à part la marque des années qui se voyaient sur son visage, ainsi qu’une certaine maturité acquise au court de celles-ci.
La soirée fut pleine de joie et de rires. Je n’ai pas vu le temps passé. Mais je n’étais pas entièrement présente, une partie de moi était restée à l’endroit où je me tenais lorsque la communication a été rompue. Je n’ai retrouvé mon antre que tard dans la nuit.
A cette période là, je partageais cet antre avec un autre être particulier. Cet être avait partagé bien plus que cela. Il avait été mon ami, mon confident, mon amant… ce dernier rôle n’était plus. C’était un être que l’on pourrait comparer à un cerf. Il était imposant, et d’apparence forte, mais cela cachait une douceur et une sensibilité particulière. Tout comme le cerf, il avait certains côtés inaccessibles, sauvages, solitaires. Moi-même, après ces années de vie commune, je ne suis jamais parvenue à les atteindre. C’est aussi ce qui faisait son charme. Mais quelle drôle de relation que celle entre un cerf et quelqu’un comme moi ! Je ne m’étalerai pas sur le sujet maintenant, car ça n’est pas ce qui nous intéresse.
Je suis donc rentrée tard dans la nuit, mais je savais que le cerf avait guetté mon retour. Une fois dans mon antre, je l’ai poussé à faire tomber son masque de sommeil pour faire cesser cette comédie. La tension autour de nous était palpable. Il avait recommencé ! Malgré ses paroles, je savais que quelque chose sonnait faux. Il avait toujours des sentiments pour moi, et ne voulait pas l’admettre. Il est normal de réagir ainsi, tout le monde le fait. Nous avons eu de mauvais mots, mais en conservant un certain calme. Nous savions qu’il aurait suffit d’un rien pour qu’il ait une rupture de la communication. Nous nous sommes ainsi couchés sans aller plus loin.
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Tags : ami, etais, temps, car
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