Première rencontre
par childar, le 28 Février 2008 à 22:18 (modifié le 10/04/2008 à 22:58)
La première rencontre fut un choc.
Nous avions rendez-vous, mon renard et moi, avec le mystérieux dans le palais des bonheurs éphémères et illusoires. Ma tête était remplie de questions : « Qui est donc cet être qui a gagné le cœur du renard bleu ? A quoi ressemble-t-il ? Vais-je réussir à ouvrir la communication entre nous ? Vais-je en apprendre plus sur mon renard grâce à lui ? » Mon malaise était accentué par l’environnement alentour. Nous étions passés par des sous terrains froids, lugubres et mal odorants, reflet parfait du passage de l’homme sur Terre.
Je m’étais parée de beaux atours, sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce que pour moi, la première impression est importante, car c’est par elle que tout commence. Mais malgré cette apparence, je n’étais pas rassurée. Comment l’être ? Moi qui, cachée derrière un masque de force et de confiance, suis quelqu’un de timide et réservé.
Un carillon vint troubler mes pensées. Il nous attendait. Par un passage mécanisé, nous avons quitté ces sombres souterrains pour entrer dans un déluge de lumières artificielles. Quel contraste déroutant ! Comme si d’un claquement de doigts, nous avions été transportés d’un monde à l’autre. Je sentais la pression monter en moi au rythme du mécanisme. Toute mon assurance avait disparue, il ne me restait que la peur…
Un pas, puis un autre, l’échéance se rapprochait. Je cherchais le réconfort dans les yeux du renard, mais celui-ci ne reflétait que la joie de revoir cet autre. Encore un pas, enfin…
« Je ne peux plus penser, ma respiration est coupée ! Mes yeux brûlent ! Quelle est cette lumière aveuglante ? » Il était là, devant moi, le loup argenté. Ces yeux verts teintés de marron avaient fait prisonniers les miens. Mon cœur battait à tout rompre. Ma tête s’était vidée de toute angoisse, mais la parole m’était ôtée. Tout ce qui sortait de ma bouche n’était que politesses et banalités. Comment un tel être pouvait exister ? Je n’en avais jusqu’à lors croisé que dans mes songes.
Mon réflexe premier fut de me changer en féline pour l’approcher. C’était la seule approche que je maîtrisais, et je devais reprendre de l’assurance. Un jeu de rôle bien triste lorsque l’on me connaît. Mais aux grands maux, les grands moyens. J’ai brillé de ma félinité et de ma verve. Mais ce loup n’était pas dupe. Comment pouvait-il l’être, lui qui avait dès le premier regard pénétré mon esprit ?Malgré ma fascination, je sentais que quelque chose n’allait pas. Derrière cette apparence libre est fière se cachait une chose qui allait devenir mon plus grand malheur.
Il y avait une familiarité dans ses gestes et ses mots qui m’intriguait, au point de me faire oublier la présence du renard à nos côtés. Moi qui pensais venir chercher chez ce loup les réponses à mes questions, je me suis retrouvée emportée dans un tourbillon bien plus violent. Mon renard bleu, me pardonneras-tu de t’avoir abandonné à cet instant ? Toi qui étais devenu mon obsession, tu as été rejeté de mon esprit par ce loup.
Après avoir ripaillé, nous sommes sortis retrouver la lumière du soleil. Mon regard était toujours brouillé mais défiant, si bien que je n’ai pas vu que le renard s’était absenté. Lorsque j’ai réalisé dans quelle situation je me trouvais, un frisson m’a parcouru. Le loup me toisait de sa hauteur et je ne pouvais baisser ma garde. J’ai donc entretenu la conversation dont le sujet principal était le renard bleu bien entendu. Après tout, j’étais venue pour ça, et je devais me tenir à cet objectif. Inconsciemment, nous avons exécuté une sorte de parade nuptiale aux allures de duel médiéval. Nous aurions pu continuer des heures, mais le temps imparti s’écoulait. Nous avons du mettre fin à cette mascarade pour nous en retourner à notre point de départ. Nous nous sommes séparés comme si de rien n’était, mais une braise s’était allumée en moi.
Sur le chemin du retour, j’en ai parlé au renard bleu. Son regard s’est adouci et un sourire tendre est apparu sur son visage : il savait ! Nous sommes arrivés à la tour de verre pour reprendre le cours de nos vies, mais la mienne ne sera plus jamais la même. Le loup argenté l’avait bousculée.
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Tags : renard, moi, loup, premiere, bien
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