Infanticide
par childar, le 22 Février 2008 à 23:32 (modifié le 10/04/2008 à 22:53)Dans ce lieu plein de rencontres ou j’avais atterri, j’ai un jour croisé le chemin d’un chien errant. Il se donnait des airs de loup solitaire, mais je lisais clairement en lui. Son mensonge le rendait laid. Je suis passée outre cette apparence pour lui donner une chance. Il n’avait pas un mauvais fond, mais son discourt était surfait, calculé, et si vide d’intérêt. Je n’avais pas pour habitude de faire ce genre de chose, peut-être que ce lieu m’avait changée, mais je lui ai donné une seconde chance… aurais-je vraiment dû ? Il a profité de ce moment de faiblesse dont je vous ai parlé pour se rapprocher de moi. Étant aveuglée par mon mal-être, je n’ai vu que ce que je voulais voir, un ami. Nous nous sommes retrouvés loin de cet environnement devenu familier, pour se découvrir loin de nos jeux de rôles. La soirée avait bien commencé, je ne voyais pas à travers son jeu… peut-être ne le voulais-je pas tout simplement. Il a fait tomber son masque et tout est devenu clair. Je ne voulais pas lui céder, car je ne suis pas telle ces âmes perdues qui cherchent un réconfort illusoire dans le charnel. Il m’a chassée des heures durant, usant de multiples stratagèmes, mais il ne pouvait m’atteindre. Hélas… à cause de la fatigue ou bien, du désir de ne plus lutter, je lui ai offert ce qu’il attendait de moi. Je n’ai rien ressenti, à part un sentiment de peine, de pitié. Ce chien errant courrait après l’instinct de chasseur de ses ancêtres, et ne voyait en moi qu’une proie. Je l’ai laissé souiller mon enveloppe. Après avoir obtenu ce qu’il voulait, il s’en est allé. Nulle haine ne vit le jour dans mon être. Comment pourrait-on en vouloir à un pauvre animal perdu en quête d’identité ? Je l’ai revu après cela. Son regard avait changé, il me fuyait, il n’arrivait pas à regarder en face ce qu’il avait fait. Je pense qu’il portera toujours ce malaise en lui, car il sait qu’il a mal agit. Malgré cette force qui est mienne, j’ai tout de suite su que quelque chose s’était brisé en moi. J’avais perdu confiance en l’homme. Une fois de plus…
La première fois que cela m’est arrivé, j’étais trop jeune pour comprendre. A l’aube de mes quinze ans, un homme qui m’était cher a détruit celle que j’étais. Cet homme avec qui je partageais une partie de mon sang, que mes yeux d’enfant avaient toujours regardé comme un héros… était fou. Par des gestes immoraux, il a violé mon innocence et celle de ma sœur. Je ne pouvais pas croire que celui qui avait tant compté puisse devenir un monstre. Une maladie redoutable avait petit à petit détruit son esprit, et lui avait fait perdre toutes notions de bien et de mal. C’est ma sœur qui par sa maturité plus avancée que la mienne qui a tiré la sonnette d’alarme. Ce jour là, j’ai vu dans les yeux de ma mère un effroi que je ne veux plus jamais revoir. Elle nous a emmenées ma sœur et moi témoigné de cette infamie devant ceux qui avaient pour devoir de nous protéger. J’ai dû raconter ces choses horribles sur cet homme devant des êtres froids qui semblaient sans âme. J’ai tué tout ce qu’il me restait d’innocence pendant ces heures de cauchemar. Aujourd’hui encore, quand les images de cette mise à mort me reviennent, les larmes de cet enfant que j’étais coulent. Celle que je suis devenue ensuite n’était qu’une coquille vide… forgée par la haine, le désespoir et la peur. La peur des hommes qui aujourd’hui encore se manifeste chez moi. Après avoir versé toutes les larmes de mon corps, mes yeux sont devenus si sombres, la flamme qui brillait en eux s’est éteinte. Jamais plus je ne pourrais faire cesser ces cris qui résonnent dans ma tête.
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Tags : moi, homme, bien, yeux, etais
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