Le renard bleu
par childar, le 22 Février 2008 à 23:30 (modifié le 10/04/2008 à 22:51)Prenez garde au renard bleu !
C’est un être qui sait si bien manier les mots qu’il peut vous envoyer dans des mondes merveilleux que vous ne soupçonniez pas. Ses paroles ont une portée que seuls ceux qui y ont été confronté peuvent connaître.
J’ai un jour croisé ce renard bleu.
Au départ, comme tout animal sauvage, il m’a inspiré un sentiment de peur et d’insécurité face à lui. Il semblait si libre et intouchable, que je n’imaginais pas un instant pouvoir l’atteindre. Mais un jour, par le biais d’une connaissance qui l’avait approché, je me suis retrouvée face à lui. Je ne sais pas ce qui m’a fait le voir plus accessible, peut-être le fait que nous partagions le même vice, celui de la nébuleuse… Le dialogue s’est engagé entre nous, un dialogue futile, téléphoné, telle celle entre deux personnes qui veulent meubler le silence.
A plusieurs reprises, cette situation s’est reproduite, mais nous n’étions jamais seuls. J’avais peut-être besoin d’un soutient pour tenter de l’approcher un peu plus. Au fil du temps, je me suis attachée à lui, à sa présence, il avait une aura à laquelle nul ne pouvait résister.
Puis, le jour où nous nous sommes retrouvés en tête-à-tête est venu… J’étais pétrifiée. Cela ne venait pas de son âge, je ne m’arrête jamais à ce genre de chose, mais plutôt de sa culture qui me faisait me sentir bien limitée à ce niveau là. Il jouait avec les mots comme s’il s’agissait de notes de musique. C’était un compositeur, c’est ça !
Un jour, je me suis introduite seule dans son antre. Il faisait sombre, l’ambiance était à la fois chaleureuse et interdite. Il était entouré d’âmes inconnues. Ils semblaient former un clan tous ensemble, une unité. Que pouvais-je ressentir, moi qui étais une étrangère parmi eux ? De la peur, de la timidité, de la gêne… toutes ces choses que nous pouvons ressentir dans un environnement qui semble si entier et où ne trouvons pas notre place au premier abord. Je sentais si ridicule, si seule, à vouloir l’approcher. J’usais de subterfuges tous plus savants les uns que les autres pour le faire sortir de sa tanière et le mettre à découvert, plus accessible. J’ai d’abord fait en sorte d’attirer son attention par des signes évidents. Puis, je me suis peu à peu rapprochée de sa meute. Certains étaient plus dociles que d’autres. Une âme plus proche de lui fut particulièrement difficile à dompter. Elle se donnait des airs belliqueux et essayait de me faire fuir. A plusieurs reprises, cela a fonctionné, mais l’attraction qui émanait du renard bleu était plus forte, je devais se faire toucher nos esprits. Cela apparaissait comme une évidence pour moi. Je ne pouvais me résoudre à laisser passer un être qui m’intriguait autant, qui avait attiré mon regard.
Puis, le temps a passé. J’ai enfin pu apprivoiser cet être divin. J’ai même créé une sorte de dépendance entre nous. Il a fini par venir lui-même me chercher pour partager notre vice. Ma fascination n’en diminuait par pour autant. Je devais percer le secret du renard bleu !
Nous avions un point de rendez-vous, un repère. Si l’un de nous y était, l’autre venait naturellement le rejoindre. Mais des lois nous ont délogés. Nous nous sommes réfugiés dans la forêt de bambous. Ce petit coin de nature nous isolait du monde extérieur, mais uniquement sonorement. Nous étions à la vue de tous, alors nous lutions contre le langage de nos gestes. C’était un jeu amusant.
Nos gestes… Je n’ai jamais eu de geste affectueux envers lui. Je peux approcher son esprit, mais pas son corps. Je ne sais trop pourquoi, une distance physique existe entre nous. Je ne suis pas quelqu’un de très tactile, mais avec lui c’est différent.
Un jour, ma détresse morale lui a fait me montrer une face cachée de sa personnalité. Il est devenu tendre et séducteur. Il a eu des attentions nouvelles à mon égard. Ayant un fort manque de confiance en moi, je ne pouvais pas imaginer que quelqu’un tel que lui puisse avoir un tel regard envers moi. J’avais malgré moi réussi à m’installer dans ses pensées. Un sentiment nouveau est né en moi. Une montée d’ego, un bien être, et une sensation de désirabilité. J’ai repris goût à la vie.
A cette époque, je m’enfonçais dans une relation à sens unique. J’avais un homme qui m’aimait, mais je ne pouvais répondre à ses sentiments. Il m’avait érigé un piédestal que je ne pouvais assumer. Lorsque le regard d’une personne vous porte sur des sommets, vous vous efforcez de le mériter, mais ces sommets étaient trop hauts pour moi. Je ne pouvais pas vivre avec tant d’idolâtrie à mon égard. Peut-être cela vient-il du fait qu’au début, je l’ai poussé de toutes mes forces pour avancer, et que pour lui c’était une première. Il est dans ma nature de venir en aide à ceux que je croise, mais je ne peux pas le faire éternellement. Je ne suis qu’un être humain. Je peux pousser pour donner de l’élan, mais si cet élan n’est pas sublimé, je m’essouffle et fini par m’en aller.
Mon renard bleu était devenu un soutient et une échappatoire. Il m’a séduite. On pourrait croire que cela était dû à ce moment de détresse, mais non, cela va bien au-delà. Par deux fois, j’ai failli me laisser envoûter par son charme, mais la première fois, quelque chose m’a retenue, et la seconde… j’attendais un signe de lui qu’il ne me donna jamais. Quand j’y repense aujourd’hui, je ne regrette rien, mon renard bleu ne serait plus aujourd’hui si ce rapprochement s’était produit. Il serait devenu un être humain parmi tant d’autre, et mon rêve se serait achevé. Une vie sans rêve ne vaut pas la peine d’être vécue…
Notre relation a tout de même changé après cela, mais pour devenir de plus en plus belle. J’ai trouvé en lui un véritable ami, un confident, un mentor parfois. Chaque moment passé en sa compagnie est un bonheur spirituel, une leçon de chose, une chaleur dans mon cœur. Mon renard bleu est devenu une drogue dure, qui en son absence crée un manque douloureux dans tout mon être. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais je sais que si nous sommes séparés par le temps et l’espace, un lien fort nous uni à jamais.
Notre hiérarchie, par un désir de rapprocher ses collaborateurs, a décidé de nous changer d’environnement. La distance physique entre nous a augmenté, mais il était trop tard, nous ne pouvions nous passer l’un de l’autre. Notre race en voie d’extinction se devait de lutter pour exister. La technologie nous a permis de nous retrouver le plus souvent possible, malgré l’espace qui nous sépare. Cette situation a consolidé mon idée de lien spirituel entre nous. J’ai aussi travaillé de mon côté pour prolonger cette proximité. Mais je sais qu’un jour, je ne pourrai plus rien faire, et je devrai me résigner à partir. Mais ce sujet n’est pas encore d’actualité, alors je préfère ne pas m’enfermer dans une angoisse quotidienne. Je vis tout ça au jour le jour, et j’en profite un maximum avant cette échéance fatale.

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Tags : renard, bleu, jour, moi, cela
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#126 Février 2008 à 11:39foortune
mmh...pas mal du tout! c'est écrit de façon spéciale! j'm beaucoup!#2Je sais... j'ai une drôle de façon d'écrire.
Disons que je fais en sorte de mettre sur papier ce que je ressens, en essayant au maximum de suivre le cours de ma pensée.
C'est un peu compliqué parfois, j'avoue. Mais ça l'est tout autant dans ma tête!
Contente que tu aimes, ça me motive pour écrire la suite!#316 Mars 2008 à 21:07Sforzanda
Moi j'ai relevé quelques fautes... Sisi :p
Magner les mots => Manier (parce que magner, ça veut dire "magne-toi le fion !" = "grouille-toi !")
De la gène => Gêne
J'ai d'abord fait en sorte => Fais (et oui "J'ai fais" passé composé, ça reste que le sujet est "je", pas "il" :p)
Sonorement => Oh, I don't know this word, my dear... XD
Non, ça n'existe pas^^ et ça ne sonne pas très bien pour un mot qui désigne le bruit... (on pourrait changer par exemple : "[...] monde extérieur, mais en nous protégeant uniquement du bruit/de ses bruits [+ adjectif, par exemple "désagréables"...]")...
Ah oui, aussi, c'est très contemporain ça comme méthode : les phrases courtes. Pour un quelconque effet de rapidité, de suspens ou autre, ça fonctionne pas mal, mais tout le temps, ça fait haché et simpliste. Faut pas hésiter à faire des phrases longues à plus d'une virgule (ça soulignerait même la complexité dela situation et de tes pensées, n'est-ce pas :p)
Remarques de l'écrivaine faites, passons aux points positifs (nombreux, rassure-toi !!) : Ben sinon c'bien écrit, c't'indéniable. On accroche au mystère du renard bleu...#4Merci Sforzanda pour ton commentaire.
C'est tout à fait le genre que je recherche.
J'ai corrigé les fautes, sauf les deux dernières.
Tout d'abord, pour le passé composé, c'est toi qui fais erreur, désolée.
Ensuite, "sonorement" est un mot bien existant de la langue française: http://www.lesensdesmots.com/docs/000069275.html
Pour ce qui est des phrases courtes... et bien, dans mes premiers écrits, je faisais l'inverse. Des phrases trop longues et qui n'avaient plus aucun sens à la fin. Mais je suis comme ça, je passe d'un extrême à l'autre. Mais je prends en compte ta remarque pour m'améliorer.
Merci encore!
#517 Mars 2008 à 00:26Sforzanda
Ben... J'ai fais. J'ai fait.
Test 1,2, 1,2... O_o... Faudra que je vérifie mais y m'semble bien qu'c'est ça. Bon jle ferais demain parce qu'à 00:30, c'est l'heure du dodo, pas de la conjugaison xD
Alors "sonorement" ça existe ? Me coucherai moins bête moi. Ben tu vois je l'avais jamais entendu ni lu...
Et pour cause : c'est vraiment laid !! ^_^#717 Mars 2008 à 17:48Sforzanda
L'est étrange :p
Bon j'ai vérifié et m'incline : c'est bien j'ai fait avec un "t". Eh beh merde alors, quelle colle^^ J'ai faiT section L pour rien moi ! Shame on me *s'auto-flagelle*
:p dire que si par malheur je l'ai utilisé dans ma fific, va falloir tout vérifier avant de poster... Mdr !
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