Plus qu'un
par childar, le 2 Octobre 2008 à 18:45 (modifié le 08/10/2008 à 11:33)
Le jour tant attendu est enfin arrivé. Durant tout celui-ci, j’avais été fébrile, impatiente, mais aussi apeurée. C’était un grand pas pour notre relation naissante.J’avais quitté la tour de verre très tôt afin de pouvoir me préparer. Je voulais être parfaite pour cet évènement. Je n’avais omis aucun détail. Je voulais que tout soit sous contrôle afin de me sentir sécurisée. J’étais si tendue que mon corps semblait se mouvoir bien plus vite qu’à l’accoutumée, ce qui fait que j’étais, on ne peut plus, en avance.J’étais prête ! Je n’attendais plus que lui. Je tournais en rond, succombant encore et encore à mon plus grand vice. Mon frère était là et était fort amusé de me voir dans un tel état.Que je vous ramène dans le contexte. Au départ, je vivais conjointement avec mon cerf. Le temps passant et nos sentiments se dégradant, nous avons fini par faire évoluer notre relation en pure amitié. Nous avons continué à partager le même toit pour diverses raisons. Peu de temps avant ma rencontre avec le loup argenté, un troisième membre est venu se joindre à notre foyer, c’était mon frère. Cette nouvelle vie en communauté était parfois bien difficile, mais j’y reviendrai plus tard.Les aiguilles du temps semblaient ralentir leur course. Des tas de pensées envahissaient mon esprit : « Ai-je fait le bon choix ? », « De quoi ai-je vraiment envie ? », « Vais-je être à la hauteur ? », « Devrais-je annuler ? », « Mais que fait-il ? Pourquoi n’est-il pas encore là ? »…Enfin, un tintement salvateur vint me sortir de ce tourbillon. Il était enfin arrivé ! Tel un prince charmant qui venait m’enlever sur son blanc destrier. Ma joie était à son comble, au point de me faire oublier ma torture mentale.Comme à mon habitude, j’avais omis un dernier détail. Je l’invitai donc à venir m’attendre dans mon antre. Ce jour là, un de ses yeux étaient abîmés. Un rayon maladroit de son soleil l’avait blessé sans gravité, mais avait tout de même affecté son regard. Mon frère ne manqua pas de lui faire remarquer en l’affublant d’un amusant sobriquet.Le temps de prendre la route est enfin venu. Je jonglais encore entre l’impatience et la frayeur. Son sourire me rassurait. Je sentais que cette tension était sienne aussi. Sur le chemin, nous nous sommes même perdus tellement nos pensées étaient au-delà. La nervosité était palpable. Il râlait de ne retrouver le chemin, ce qui m’amusait. Je me fichais bien de l’endroit où nous pouvions être, puisque nous étions ensemble. Puis, enfin, nous sommes arrivés à bon port.L’endroit était rempli de charme, un peu isolé de la civilisation, enveloppé par calme apaisant. Ce qui m’a le plus frappé, c’est le sentiment qui m’a envahie lorsque je suis entrée : un bien-être presque total. Moi qui suis d’un naturel timide et craintif, j’avais presque l’impression d’être chez quelqu’un que je connaissais depuis toujours. Cela venait, sans aucun doute, du doux ténébreux. Il possédait une aura qui emplissait la pièce. J’étais si soulagée.Tout au long de la soirée, des amis du doux ténébreux sont venus se joindre à nous. Grâce à la bienveillance environnante, j’ai eu beaucoup de facilité à communiquer avec eux, j’ai même rit.La soirée se déroulait bien, mais les regards que nous échangions avec le loup argenté étaient de plus en plus insistants. Nous étions venus pour une raison précise. Nous nous devions de ne pas gâcher une telle occasion. Nos échanges de blandices étaient de plus en plus intenses, à la limite de la décence. Tout de même, parfois, la peur revenait me hanter, et je mettais un peu de distance entre nous. Mon pauvre loup, comme tu as dû être confus par mon comportement.Enfin, il se décida à prendre les choses en mains. Il m’attira à m’écart des autres. Ses mains fermes et habiles, son regard tendre et assuré me faisaient déjà fondre. Je perdais peu à peu le contrôle. Ma peur s’effaçait au fur et à mesure que le désir grandissait. Lorsqu’il fut assuré que ma volonté d’aller plus loin n’était plus faillible, il m’emmena dans une autre pièce, isolée de tous.L’endroit ne sortait pas d’un conte de fées, mais peu importait, nous étions enfin libres de nos gestes. Nous pouvions exprimer pleinement cette attirance mutuelle qui nous brûlait l’âme et le corps.Il préluda avec une douceur et une attention si fortes que je pouvais me laisser guider sans crainte. Certes, une certaine gêne nous habitait, comme toujours la première fois. Cette petite pudeur contre laquelle nous devons lutter pour réussir à nous dévoiler à l’autre. Malgré notre désir croissant, nous ne pouvions savoir quel regard porterait l’autre sur nous une fois mis à nu. Nous avons tous des complexes !Nous progressions étape par étape, lentement. Nos baisers étaient de plus en plus profonds, nos mains de plus en plus exploratrices. Mon corps frissonnait à chacune de ses caresses. Dès que je sentais une hésitation me traverser, je me plongeais dans son regard. Il était si beau. Ses yeux verts, teintés de marron, brillaient en me contemplant. J’aurais voulu m’y noyer.Mon magnifique loup, plus je l’effeuillais, plus je découvrais sa splendeur. Tout me plaisait chez lui. Chaque centimètre carré de sa peau me donnait envie d’y goûter. Nous allions manger le fruit défendu… pauvres âmes perdues que nous étions. Il est si bon de se laisser emporter par la tentation parfois.Notre étreinte fut pour moi un étonnement permanent. Comment ne pas être surprise par cette facilité, cette familiarité dans nos gestes, cette… évidence ! C’était si naturel, comme si nous nous étions toujours connus. Ses mains semblaient connaître tout de moi. Une telle montée en puissance nous emporta bien au-delà des murs qui nous entouraient.L’instant fatidique arriva… nous n’avons plus fait qu’un. Je ne pensais pas que deux êtres pouvaient se fondre en une si parfaite alchimie. Ça n’était pas la première fois pour moi, et pourtant, j’avais l’impression de tout redécouvrir. Par trois fois il me fit toucher le ciel, comme personne avant lui. Comme j’aurais voulu que le temps s’arrête… Mon loup, mon si beau loup, tu as frôlé la divinité ce soir là, au point de me faire douter de ton existence ailleurs que dans mes songes.Hélas, comme à chaque fois, le temps refusa de stopper sa course… Nous devions à nouveau nous séparer.Il me raccompagna chez moi. Sur le chemin, la jouissance de cette étreinte se confrontait à la frustration de ne pouvoir continuer. J’avais le cœur lourd, je ne voulais pas le quitter. Quand il repartit, je l’ai suivi du regard jusqu’à le perdre dans l’horizon, les yeux embués. Je suis allée rejoindre Morphée pour lui raconter mon bonheur et ma douleur, en attendant nos retrouvailles.
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Tags : enfin, avais, temps, loup, regard
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